Aperçu des écosystèmes

Données fondamentales

La lumière source de vie

La photosynthèse qui est à l’origine de toute la vie sur notre planète utilise la lumière du soleil. Heureusement, l’eau laisse passer cette lumière, sinon la vie aquatique n’existerait pas.

Pourtant ce rayonnement est absorbé très rapidement par l’eau et les formes de vie se sont développées à des profondeurs diverses en fonction de leur besoin en lumière.

lumiere-surface

Nous même pouvons observer que dès les premiers mètres sous la surface les ondes longues sont  absorbées par l’eau et que de ce fait les rouges oranges et jaunes disparaissent rapidement. Plus bas, la lumière bleue est aussi absorbée, d’où une diminution rapide de la luminosité avec une profondeur croissante. A 40 mètres il ne subsiste que 3% de la lumière de surface.

Bien sûr, cette extinction dépend aussi de la transparence des eaux.

Par ailleurs, grottes et épaves parviennent à recréer près de la surface les conditions abyssales , ce qui nous permet d’observer des animaux qui vivent plutôt dans les grandes profondeurs.

Les océanographes divisent donc les océans en 3 zones en fonction de leur profondeur :

• Le plateau continental (littoral) qui descend en pente douce jusqu à 200 mètres sur une largeur moyenne (mondiale) de 70 km. C’est elle qui héberge le plus de formes de vie et qui intéresse le plongeur.

plateau-continental

• A la limite du plateau continental, la pente s’incline rapidement pour descendre jusquà des profondeurs comprises entre 200 et 3000 mètres où l’obscurité est presque totale.

• Viennent ensuite les plaines abyssales (3000 à 6000 mètres) et les fosses océaniques ( 6 à 11 000 mètres)

La vie en pleine eau et la vie du fond

Dans la zone littorale, on distingue encore le domaine pélagique (pleine eau) et le domaine benthique (le fond)

• Les organismes pélagiques se répartissent entre ceux qui sont transportés passivement par les eaux (le plancton) et ceux qui se déplacent en nageant (le necton). Les méduses font donc partie du plancton et les poissons appartiennent au necton.

• Les organismes benthiques au contraire vivent sur, près ou dans le fond. Ils peuvent êtres fixés, ou ramper,voire nager.

Le bord de mer

La vie souterraine

Le sable est un substrat très instable. Les grains sont constamment déplacés par le vent et la mer. Il est pratiquement impossible de vivre sur leur surface.

Les seuls organismes qui parviennent à se maintenir en milieu sableux sont donc ceux qui vivent entre les interstices remplis d’eau, entre les grains de sable. Leur taille varie de quelques dixièmes de millimètre à 4 millimètres: vers, crustacés, limaces…

La plupart de ces animaux n’ont pas d’yeux et certains d’entre eux ont compensé cette perte par le développement de poils sensoriels

Leur nourriture est la matière organique en provenance des restes rejetés par la mer sur la plage.

Ils constituent le début de la chaîne alimentaire

La mangrove

Près des estuaires ou d’autres côtes vaso sableuses s’installe une communauté particulière constituée d’arbustes et arbres tolérant bien une forte salinité : les palétuviers. Ces forêts de la mer appelées “mangroves” sont d’importants producteurs primaires : à chaque marée, des tonnes de matières organiques sont entraînées vers la mer et les récifs.

mangrove

Il suffit d’y pénétrer de quelques mètres seulement pour découvrir un univers étonnant : huîtres, spongiaires, méduses, petits poissons, et parfois un barracuda venant y chasser.

Les côtes rocheuses

Leur propriété la plus importante est d’offrir un support stable et des cachettes à ceux qui y vivent, d’où l’établissement de communautés très riches.

Le platier

La vie par la lumière

Les organismes qui profitent le plus de l’abondance de lumière sur le platier sont les algues.

Parfois se forment sur ce feutrage à la couleur variable selon qu’il s’agit d’algues vertes, bleues, brunes ou rouges, de multitude de petites bulles : il s’agit d’oxygène pur, produit de la photosynthèse.

Dans les Caraïbes, le platier se présente en pente douce partant de la plage et s’étendant jusqu’à une profondeur de 5 mètres environ, constitué principalement de corail mort et de sable.. C’est pourtant ici qu’on rencontre les premières colonies de corail vivant.

Le platier est également le domaine de nombreux oursins qui y broutent les minuscules algues surabondantes.

Voir la vidéo

platier

Poissons marcheurs

Il n’est pas facile de nager dans l’eau turbulante près de la surface. C’est pourquoi nombre de poissons se sont adaptés à une vie benthique : ils n’ont pas de vessie natatoire et préfèrent ramper sur leurs nageoires pectorales transformées en pattes ou en ventouses. Exemple la blennie à lèvres rouges.

Poissons nageurs

Sur le platier vous verrez de magnifiques chirurgiens bleus, des poissons papillon, des poissons ange, des demoiselles ou des poissons perroquets multicolores.

Partage équitable

face aux ressources limitées, il existe une forte concurrence dans laquelle survivent les plus forts…ou les mieux adaptés, car souvent au lieu de lutter on cherche plutôt à éviter le conflit. C’est ce qui a mené à de nombreuses spécialisations et à une répartition des places, des tâches et de la nourriture. Telle espèce vit près de la surface, telle autre en profondeur. Il y a des herbivores et des carnivores. Chaque espèce occupe sa propre niche écologique bien définie.

Voilà pourquoi l’oursin et la blennie peuvent vivre en bons voisins : l’un brute les algues pendant que l’autre attrape des vers : il y a partages des ressources disponibles.

La vie cachée

Sous les pierres

La face supérieure des pierre reçoit la lumière, ce qui permet à une multitude d’algues de s’y développer. La face supérieure des pierres est donc le domaine presque exclusif des végétaux.

La face inférieure toujours plongée dans l’obscurité interdit aux plantes de s’y maintenir en vie.

Les organismes les plus spectaculaires vivant sous les pierrres sont les ophiures, animaux apparentés aux étoiles de mer et munis de 5 bras filiformes très fragiles. Ces animaux craignent la lumière et sont très mobiles. Les bras très cassants ont un extraordinaire pouvoir régénérateur.

Le dessous des pierres est aussi le domaine de toutes sortes de vers plats ou annélides (anneaux). Certains peuvent se déplacer. D’autres vivent dans leur tube calcaire, construit par eux mêmes.

Enfin on trouve sous les pierres des mollusques qui viennent s’y nourrir (chitons et huitres perlières minuscules)

Dans le sable

Ici comme ailleurs une pluie incessante de plancton mort et vivant tourbillonne vers le fond. Et le plancton, c’est de la nourriture.

  • Les filtreurs

De nombreux animaux se cachent dans le sable, mais souvent une partie du corps émerge pour capturer la nourriture qui vient d’en haut. L’une des formes les plus spectaculaires de ces organismes filtreurs sont les vers tubicoles, dont les panaches sont des filtres très efficaces pour retenir les petites particules qui tombent dessus.

Il existe une multitude d’autres filtreurs, essentiellement des mollusques. Mais la plupart restent invisibles, car enfouis.

Contrairement à ces mollusques, la nacre vit à la surface du sable, ses 2 valves triangulaires dressées vers la surface pour filtrer le plancton. Elle est ancrée au fond par la pointe de sa coquille.

Sur les fonds de sables, on rencontre aussi des anémones de mer en forme de grands disques grisâtres qui hébergent crevettes et petits crabes.

Enfin, les planctonivores les plus surprenants sont les anguilles de sable qui passent leur vie dans des trous qu’ils ont confectionnés dans le sédiment. On voit parfois des centaines d’individus dont le corps mince ondule dans le courant, formant un véritable champ d’anguilles.

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  • Les détritivores

Les fonds de sable sont riches en en détritus et il y a des organismes spécialisés dans le nettoyage de ces restes.

Parmi eux, les oursins à test non circulaire (oursins cœur ou dollar de sables), les holothuries, les bernard-l’hermite.

  • Les prédateurs

Tous les filtreurs et détritivores vont attirer les prédateurs pour compléter la chaîne alimentaire.

Nombreux sont les vers annélides qui chassent sur le sable. Parmi les mollusques gastéropodes, on peut citer les trombes, les casques, les lambis.

Les étoiles de mer sont aussi de redoutables prédateurs, ouvrant les coquillages bivalves avec une force étonnante et une grande patience.

Les prédateurs les plus évolués sont évidemment les poissons quipeuplent le sable : gobies, rougets, anguilles-serpents, poissons plats.

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La prairie

Les herbes de la mer

Là où la profondeur est assez faible pour que la lumière solaire y entretienne la vie, les herbiers s’installent. Ce sont des sites d’une incomparable productivité : les plantes qui les constituent sont aussi performantes que le maïs, on la canne à sucre.

herbier

Une usine sous la mer

Ces herbes jouent un rôle essentiel dans l’écosystème marin : chaque mètre carré produit plusieurs litres d’oxygène par jour, et fournit un « support » de quelques dizaines de mètres carrés qui peuvent être colonisés par diverses plantes ou animaux. Elles fournissent donc un surplus d’oxygène et un apport important de matière organique.

Les habitants des herbiers

La plupart des espèces animales qu’on y rencontre se nourrissent de plantes et d’animaux fixés sur le feuilles (bryozoaires, hydraires, spongiaires et vers tubicoles). Parmi cette faune : crabes, crevettes, gastéropodes, comatules, nacres, et toute une nurserie de poissons juvéniles.

L’herbier est aussi un abri pour les poissons adultes (rascasses, poissons-feuilles, hippocampes, murènes et raies.

Menace de mort

L’herbier, si important pour la mer, est menacé par le développement de l’habitat bordant le littoral, la pollution chimique et les ancres des bateaux qui arrachent les plantes par touffe.

Le récif corallien

L’écosystème du récif comporte 2 composantes : les constructeurs du récif et ses habitants. La première comporte les madréporaires, mais aussi les coraux de feu, les algues calcaires, certains mollusques et les vers tubicoles.

Quant aux habitants, on trouve les poissons multicolores qui nagent au dessus du récif ou dans ses anfractuosités, les crustacés, les ascidies, les étoiles de mer, les oursins, les mollusques, les gorgones, les éponges et les vers.

Le corail, animal, végétal ou minéral ?

Les coraux récifaux appartenant au groupe madréporaire peuvent aller de quelques centimètres à plusieurs mètres.

Chaque corail comporte une partie dure et morte, recouvert d’une mince couche du tissu vivant qui a sécrété la masse calcaire.

Cette partie vivante est constituée de petites unités en forme de fleur les polypes, capables de se retirer dans des logettes aménagées dans le squelette, les calices.

Les « pétales » de ces « fleurs » animales sont des tentacules munis d’un dispositif urticant servant à paralyser quiconque les effleure.

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Un polype corallien se reproduit asexuellement par bourgeonnement. Les polypes « parents » ne se séparent  pas des polypes « enfants ». Attachés l’un a  l’autre pour la vie et génétiquement identiques ils sont de véritables jumeaux siamois. Ce processus se répétant, il se forme peu à peu une colonie de corail comportant des milliers de polypes, tous reliés entre eux.

La croissance des colonies dépend d’un grand nombre de facteurs : l’espèce, l’éclairement, la température. Une grande colonie comme le corail cornes d’élan peut déposer jusqu’à 100 kg de matière calcaire par mètre carré et par an.

Capter la lumière

Le corail adapte la forme de la colonie à la luminosité afin d’assurer le maximum d’efficacité. Des formes ramifiées ou plissées augmentent la surface qui capte la lumière, donc les vitesses de croissance.

Désavantage : ces formes cassantes sont vulnérables quand la mer devient violente près de la surface. C’est pourquoi en eau peu profonde où la lumière vient de tous les côtés, certaines espèces massives forment des colonies encroutantes ou hémisphériques. Plus bas, les madréporaires qui sont adaptés à des conditions de lumière minimales se présentent sous forme de grande plaques minces et horizontales, très fragile, mais sans risque à cette profondeur où les eaux sont calmes.

A partir de quelques dizaines de mètres, la lumière diminuant, les coraux sont de plus en plus clairsemés.

Diversité

La vie récifale est d’une extraordinaire richesse : toutes les espèces fréquentent les récifs, des nudibranches bariolés aux espèces les plus grandes comme les requins, en passant par les éponges, les gorgones, les innombrables variétés de poissons multicolores, les poissons coffres, mérous, murènes, perroquets, diodons et autres langoustes et baracudas.

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